« Serons-nous gamin encore toute notre vie ? Est-ce le courant d'un film, au scénario déjà écrit ? Nous pouvons simplement apprécier chaque instant, chaque moment, chaque plaisir, instantané, ou permanent, ainsi soit-il. Apprécier et profiter. Il suffit d'un claquement de doigts pour oublier que le bonheur est avant-tout bien là. En face de nous, partout, il nous entoure, mais nous ne sachons le toucher et le prendre dans la plus tendre des manières. A l'époque juvénile, il faut l'attraper et s'y agripper. Posons les bonnes questions de notre existence, sur la mondialité que la vie a créé, et se contenter de ce que l'on a, face à la pauvreté spirituelle des autres. Mais qui sont les autres ? Sont-ils différents ? Oui, sans doute. Car sucer des yeux un écran à longueur de journée, suivre la vie de stars, ou les commérages de gens que l'on croit différent - et un tas d'autres exemples piteux - n'est qu'irréel face à la vérité. Puisqu'au fond, il s'agit là d'un bonheur artificiel créé par l'homme et pour l'homme. Que celui-ci s'enivre de jouissance, au point de mettre totalement de côté le plaisir naturel, qu'est d'être heureux, sans pudeur, ni critique. Le sens même de la vie est de considérer pleinement ce que la vie a créé, afin d'être dans une jouissance infinie, perfectible et morale. C'est là, la vérité. Se lever, travailler, se coucher, oublier de vivre, et mourir. Ainsi il est trop souvent la routine de gens aveugles et dupes d'eux-mêmes. Mais pourtant se cachent derrière de nombreuses petites choses, la plus belle des simplicités dans la plus lointaine des pensées. Battre la terre de vie, est récolter le bonheur, dans la seule et vaste saison, d'un destin indéfini. N'ayons pas peur de marcher sur la glace, car quitte à toucher le fond, l'immersion deviendra perpétuel, quand le soleil viendra à briller pour nous réchauffer le c½ur. Aimer ce que l'on voit est alors oublier malheureusement d'éclairer ces faces sombres, planquées de part et d'autre dans un univers pourtant bien similaire et communs à tous. Il y a là et là-bas. Il y a ici et ailleurs. Il y a l'Afrique, il y a l'Amérique. Il y a la vie, il y a la mort. Cette seule conquête à laquelle l'homme ne pourra jamais partager communément, ou plutôt invraisemblablement. Car l'émotion est, de manière solitaire, aussi inexprimable auprès des autres, que la raison de vivre. Seulement, il faut oser ne pas fermer les yeux pour s'engouffrer dans ce cercle noir et rigide dans lequel nous dansons actuellement. C'est-à-dire, ne pas oublier qu'il est permis de rêver. Rêver la vie, advient de pleurer ses joies, d'oublier ses peines, de rire de ses larmes, et de cracher sur la mort, jusqu'à l'empoisonner, et la tuer nous-même, ou plutôt, l'affaiblir. Inconscient de ce bien-être inachevé, c'est la plume qui s'empresse de s'envoler au dessus des nuages, et de contempler le plus possible, le bonheur auquel je vie. Je me permets encore d'être ce gamin se baladant à cloche pied sur un chemin inconnu et d'une démarche rêveuse, à prier Dieu, pour que la vie continue et dans la plus belle des saisons. »